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Communication politique, communication de crise : état des lieux

Dans le cadre du séminaire « Communication politique, communication de crise : état des lieux.  » organisé par  Konrad-Adenauer-Stiftung Tunisie, j’ai eu le plaisir de participer au panel de cette rencontre , en essayant de répondre à cette thématique « Les partis politiques et la communication en Tunisie : problème de gouvernance ou de compétence ? ». Suite à ce séminaire modéré par Hassen Zargouni, je confirme que la Tunisie a besoin d’une nouvelle classe politique, plus collaborative.

Les partis politiques et la communication, problème de gouvernance ou de compétence ?

Depuis la révolution du 14 janvier 2011, de nombreuses initiatives politiques ont eu lieu au point que nous enregistrons aujourd’hui, plus que 209 partis politiques dont certains de leurs membres sont présents actuellement dans l’Assemblée Nationale des Représentants du Peuple (ANRP) et d’autres sont actifs sur la scène politique.

D’ailleurs, l’un des grands apports juridiques de la révolution était l’adoption dès 2011 d’un texte libéralisant la création de partis politiques. En effet, le décret-loi nº 2011-87 du 24 septembre 2011 portant sur l’organisation des partis politiques consacre dans son premier article la liberté de constitution des partis politiques. Mais il s’agit presque de 10 ans depuis la date de la révolution tunisienne, alors qu’il est quasi-impossible de parler de la bonne gouvernance des partis politiques en Tunisie. En effet, combinée au monopole exercé en 2014, par « Enahdha » et « Nidaa Tounes », la démultiplication des partis n’a pas arrangé les choses et les alliances du pays n’ont mené nulle part en absence d’une bonne formation à la vie politique. Et encore, en 2020-2021 on assiste encore à ce nouvelles initiatives politiques..

En effet, la communication fait partie intégrante d’un plan de bonne gouvernance, car cette dernière impose la transparence, la redevabilité et autres critères importants. Donc là j’insiste sur le lien entre la bonne gouvernance d’un parti politique et la communication. Comment çà ?

En Tunisie, nous soufrons d’une confusion entre État et le parti, dont l’origine est la conception très personnelle que développait Habib Bourguiba à propos du pouvoir et du rapport de ce dernier à la patrie. Ceci était également le cas, par la suite, avec Zine El-Abidine Ben Ali. Ce n’est qu’à partir de 2011, que sera légalisée réellement la liberté de constitution des partis politiques. De même, théoriquement, selon la constitution, le Président de la République doit être politiquement neutre, avoir un rôle inclusif et parler au nom de tous les Tunisiens et non pas d’un seul parti politique.

Mais est ce que réellement le Président d’un parti communique au nom du parti ou cherche à développer son image à lui ? Est-ce que le chef du gouvernement ou le Président de la république parle au nom des Tunisiens ou d’un parti politique ?

Les partis politiques sont rarement vus comme des représentants des intérêts de la population ou comme un instrument pour la formation d’une opinion politique, mais plutôt comme un moyen pour défendre des intérêts personnels ou des idéologies particulières ou pour pouvoir participer au jeu politique »

Autre chose, au sein du parti politique, la loi sur les partis politiques oblige les partis à publier leurs statuts et leurs rapports financiers, mais ces documents sont rarement mis à la disposition des citoyens. Donc les partis politiques ne communiquent pas déjà avec les citoyens ?

Mais si les partis politiques eux même souffrent d’un manque de démocratie interne, de façon qu’il n’y ait pas d’élections internes, sinon les responsables sont nommés par le fondateur du parti ou par le chef du parti. De plus, la nomination des membres dans les instances de direction et les congrès électifs sont ajournés sans fixer une date ultérieure. En absence de démocratie, on ne pourra jamais parler de communication .

C’est dans un deuxième temps donc qu’on va parler des compétences communicationnelles des hommes politiques.. Il faut qu’instaure une bonne gouvernance de parti.. à savoir une stratégie ..et par la suite on développera les compétences personnelles de nos hommes politiques ?

Et si on veut fixer les défis réels des partis politiques tunisiens ?

Selon le statisticien Hassan Zargouni , « la vie des partis ne compte pas pour l’opinion  .. et nous ? nous voulons influencer quelle opinion ? nous voulons communiquer avec quel public ? ce ne sont pas les citoyens ?

En effet, le paysage politique souffre d’une forte fragmentation vu le grand nombre des partis politiques, dont la plupart sont des très petits partis. Ceci a eu bien évidemment des répercussions négatives sur les électeurs potentiels. Aujourd’hui, de nombreux citoyens ne connaissent ni ces partis ni leurs candidats, et ce, en absence d’une classe politique bien formée et d’un programme politique rigoureux.

De même, la présence d’un seul leader à la tête d’un parti politique contribue réellement au morcellement du paysage politique, car la Tunisie a besoin d’une élite politique. Ce manque de démocratie interne pourrait provoquer une crise au sein du parti tel qu’il a été le cas avec  Nidaa Tounes et « l’affaire » relative aux ambitions politiques de Hafedh Caïd Essebsi, fils du fondateur du parti et ex Président de la République Béji Caïd Essebsi.

Par la suite, le « tourisme partisan » empêche l’évolution des partis politiques. C’est le fait que les députés, notamment les membres éminents et les responsables de parti changent fréquemment d’un parti à un autre. Ceci nuit partiellement à l’image du parti en absence de stabilité et de solidarité entre les partisans du parti en question. Aujourd’hui X est membre de tel parti.. après il devient membre d’un autre. Bien l’acte de changer de parti est légitime mais ceci nuit à la communication.

 De l’autre côté,  la scène politique tunisienne fait face à trois défis : améliorer l’offre politique, instaurer une gouvernance participative et mettre en place une dynamique d’invention de nouvelles solutions ». C’est par la suite qu’on sera capable de parler par de la communication politique.

Les partis politiques et la communication est un problème de gouvernance avant même d’évoquer les soucis de compétences en matière de communication.

Nouha Belaid

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